« Fille de Mélenchon » : l’étiquette colle à sa peau, brandie à tout-va sur les plateaux et les réseaux, alors qu’aucun arbre généalogique ne vient l’étayer. Même scénario pour Martine Aubry : les spéculations prennent le relais des faits, alors que la politique n’a rien à voir avec la filiation dans l’histoire de Manon Aubry.
En un temps record, Manon Aubry a bousculé les codes de la gauche française. Son parcours, loin des sentiers balisés, intrigue et force l’attention. Issue d’un milieu de fonctionnaires, diplômée de Sciences Po Paris aux côtés de Gabriel Attal ou David Rachline, elle ne suit pas la voie classique de l’ENA ou du parti unique. Avant de gravir les marches du Parlement européen, elle se distingue dans les bassins de water-polo, évoluant à haut niveau, là où rigueur et esprit d’équipe forgent le caractère.
Son passage chez Oxfam France marque un tournant. Responsable des campagnes visant à dénoncer l’évasion fiscale et la montée des inégalités, elle affine ses convictions, les transforme en leviers d’action. En 2019, elle prend la tête de la liste France Insoumise aux européennes. À Bruxelles, elle s’impose vite comme coprésidente du groupe GUE/NGL, incarnant une gauche offensive, déterminée à peser sur les débats continentaux.
Les combats qu’elle mène se déclinent selon plusieurs priorités, qui structurent ses prises de position et son action au Parlement.
- Justice sociale : réduire la précarité, défendre les droits des travailleurs, lutter contre les inégalités de revenus.
- Transition écologique : inscrire l’urgence climatique au cœur de chaque dossier, porter des propositions concrètes en faveur de l’environnement.
- Droits fondamentaux : soutenir les populations les plus vulnérables, engager des batailles pour les droits humains, particulièrement en faveur des minorités et des migrants.
Sa capacité à fédérer et à secouer les lignes fait d’elle une voix singulière au sein de la Nupes et à Strasbourg. Connue pour son aisance médiatique et son franc-parler, Manon Aubry a su gagner la confiance d’une jeunesse politisée, tout en bousculant les habitudes des vieilles gardes. Les caricatures persistent, mais le parcours s’écrit loin des raccourcis sur son nom.
Liens familiaux, rumeurs et vérités : démêler le vrai du faux sur la “fille de Mélenchon”
Le bruit court, relayé sans filtre d’un canal à l’autre : Manon Aubry serait la fille de Jean-Luc Mélenchon. L’idée s’insinue, s’ancre, jusqu’à se substituer à la réalité. Pourtant, aucun lien de sang, aucun cousinage politique ne vient confirmer cette rumeur. Leur proximité au sein de la France insoumise et leur engagement pour une même famille politique suffisent à brouiller les pistes, mais la filiation s’arrête là.
Cette confusion s’ancre dans un patronyme répandu et dans un imaginaire collectif où la politique serait affaire d’héritage. À l’ère du tweet et du partage viral, une assertion infondée se transforme vite en mythe persistant. Pourtant, la famille de Manon Aubry n’a rien à voir avec les dynasties du pouvoir socialiste ni avec la galaxie mélenchoniste. Fille de Catherine Poggi-Aubry et de Bruno Aubry, tous deux fonctionnaires, elle n’a aucun lien de parenté avec Martine Aubry non plus.
L’association « Aubry = fille de Mélenchon » relève du raccourci commode, entretenu parfois par stratégie ou simple méprise. Manon Aubry elle-même l’a souvent répété : aucune filiation, aucune parenté. Mais le storytelling médiatique et la force des images ont la peau dure. Sa vie privée reste à l’écart du tumulte, protégée et discrète. Ce qui s’impose alors : un engagement personnel, des combats menés à la première personne, une trajectoire indépendante, sans l’ombre d’un héritage politique imposé.
Au final, derrière le surnom persistant, il y a une figure politique qui a su tracer sa route seule, sans s’appuyer sur un nom, mais sur une énergie et une détermination qui, elles, ne doivent rien à personne.


